Chirurgien-dentiste senior envisageant sa retraite et le cumul emploi-retraite après la réforme 2027
Réglementation 7 min de lecture

Cumul emploi-retraite : la réforme 2027 qui change la donne pour les chirurgiens-dentistes

À partir du 1er janvier 2027, les règles du cumul emploi-retraite changent pour les chirurgiens-dentistes libéraux. Le cumul intégral sans plafond sera repoussé à 67 ans. Faut-il liquider sa retraite avant le 31 décembre 2026 ? Décryptage complet.

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Alpha Santé Rédaction
Rédaction Alpha Santé
Publié le 27 août 2026Mis à jour le 27 août 2026
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Un dispositif largement utilisé par les professions dentaires

Le cumul emploi-retraite permet à un professionnel libéral de percevoir sa pension de retraite tout en continuant d'exercer une activité rémunératrice. Libéralisé en 2009, ce régime est devenu un outil stratégique pour de nombreux chirurgiens-dentistes qui souhaitent prolonger leur activité au-delà de l'âge légal — par attachement au métier, pour accompagner une transition vers la cession de cabinet, ou pour compléter une pension parfois insuffisante.

Ce phénomène concerne particulièrement les territoires sous-dotés, où l'absence de successeur pousse les praticiens à maintenir une offre de soins. À 70 ans, près d'un médecin sur quatre continue d'exercer en cumul emploi-retraite selon la CARMF, une dynamique que l'on retrouve également chez les chirurgiens-dentistes affiliés à la CAVPM (Caisse autonome de vieillesse des professions médicales).

Pourtant, la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026 va profondément modifier les règles du jeu à compter du 1er janvier 2027.

Ce qui change le 1er janvier 2027 : l'essentiel

Jusqu'à fin 2026, le cumul emploi-retraite intégral permet de percevoir à la fois sa pension à taux plein et des revenus d'activité libérale, sans plafond ni pénalité. À partir de 2027, ce régime favorable disparaît pour la majorité des nouveaux retraités âgés de moins de 67 ans.

La réforme décale la possibilité d'un cumul intégral à 67 ans et instaure un cumul partiel et plafonné entre l'âge légal (62 à 64 ans selon l'année de naissance) et 67 ans.

Trois paliers d'âge à retenir

| Situation du praticien | Régime applicable | Plafonnement de la pension | |---|---|---| | Avant l'âge légal (départ anticipé) | Cumul emploi-retraite partiel | Pension écrêtée à 100 % des revenus d'activité et de remplacement | | Entre l'âge légal (62-64 ans) et 67 ans | Cumul emploi-retraite partiel (nouveau depuis 2027) | Pension écrêtée à 50 % des revenus d'activité au-delà d'un seuil (env. 7 000 €/an) | | À partir de 67 ans | Cumul emploi-retraite libre (intégral) | Pas de plafond |

Dans le cumul partiel post-2027, les cotisations versées ne seraient pas créatrices de droits à une seconde pension. En revanche, pour un assuré qui liquide à partir de 67 ans, les cotisations versées durant un cumul intégral génèrent des droits à nouvelle pension sans plafonnement.

⚠️ Les conditions exactes applicables aux professions libérales (dont chirurgiens-dentistes) restent à préciser par décret. Un dispositif spécifique pourrait être prévu pour les médecins dans les zones sous-dotées — à ce jour, seuls les médecins seraient concernés, et non les autres professions de santé.

Faut-il liquider sa retraite avant le 31 décembre 2026 ?

C'est la question stratégique pour tout chirurgien-dentiste proche de l'âge légal et qui envisage de poursuivre son activité. Pour profiter du régime actuel de cumul intégral dès le 1er janvier 2027 — et le conserver les années suivantes — il faut réunir avant cette date :

  • l'âge légal de départ (selon votre année de naissance),
  • le nombre de trimestres requis,
  • et avoir liquidé l'ensemble de ses régimes obligatoires.

En liquider avant le 31 décembre 2026, vous vous assurez que vos revenus d'activité post-retraite ne viendront pas amputer votre pension. C'est un avantage patrimonial majeur, surtout pour un praticien qui prévoit d'exercer encore plusieurs années.

Les éléments à mettre en balance

Cette décision ne doit pas être prise à la légère. Plusieurs facteurs entrent en compte :

  • Le nombre de trimestres encore manquants — liquider trop tôt peut générer une décote définitive.
  • Le niveau de surcote attendu — chaque trimestre supplémentaire au-delà de l'âge légal et du taux plein augmente la pension de 1,25 % par trimestre.
  • L'impact fiscal du cumul (majoration du revenu imposable, TMI, éventuel basculement dans une tranche supérieure).
  • La stratégie de cession du cabinet — un cumul permet d'accompagner une transmission progressive.

Le PER : un levier souvent oublié en cumul emploi-retraite

Le Plan d'épargne retraite (PER) ne se liquide pas automatiquement à l'âge légal de départ. La liquidation des pensions de retraite ouvre simplement le droit d'accéder à vos capitaux constitués sur le PER — ce n'est en aucun cas une obligation.

Bonne nouvelle pour le praticien en cumul emploi-retraite : la poursuite du PER reste possible. Vous pouvez continuer à alimenter votre PER pendant votre cumul, ce qui :

  • réduit votre revenu imposable (déduction des versements dans la limite du plafond),
  • compense l'éventuel surcroît fiscal lié au cumul,
  • prépare un capital ou une rente pour plus tard.

Cette stratégie est particulièrement pertinente pour les chirurgiens-dentistes qui poursuivent une activité libérale post-retraite et qui souhaitent optimiser leur fiscalité tout en se constituant une épargne complémentaire.

Quels impacts pour votre patrimoine de chirurgien-dentiste ?

Pour un chirurgien-dentiste libéral, la réforme 2027 modifie plusieurs équations patrimoniales :

  1. Revenus : si vous liquidez après 2027 avant 67 ans, vos revenus d'activité s'imputent sur la pension servie. Vous risquez de travailler « pour rien » au-delà du seuil.
  2. Fiscalité : le cumul intégral actuel permet de lisser ses revenus. Après 2027 en cumul partiel, l'écrêtement réduit l'intérêt économique de poursuivre l'activité.
  3. Cession de cabinet : pour un praticien en zone tendue qui cherche un repreneur, le cumul emploi-retraite reste un outil de transition. La réforme peut compliquer cette stratégie.
  4. Épargne retraite : le PER conserve tout son intérêt pour optimiser la fiscalité durant le cumul.

Le calendrier à retenir

| Échéance | Action recommandée | |---|---| | Avant le 31 décembre 2026 | Liquidation de vos régimes obligatoires pour bénéficier du cumul intégral actuel | | À partir du 1er janvier 2027 | Nouvelles règles : cumul partiel plafonné entre l'âge légal et 67 ans | | Dès 67 ans | Cumul intégral sans plafond, quelle que soit la date de liquidation |

En conclusion : anticiper plutôt que subir

La réforme 2027 du cumul emploi-retraite bouleverse une stratégie patrimoniale largement adoptée par les chirurgiens-dentistes libéraux. La fenêtre jusqu'au 31 décembre 2026 est réelle mais limitée. Elle mérite une analyse personnalisée, en croisant :

  • votre situation de trimestres,
  • vos revenus attendus en cumul,
  • votre fiscalité,
  • votre projet de cession ou de maintien d'activité,
  • vos placements (PER, assurance-vie).

Un accompagnement par un conseiller patrimonial ou votre caisse de retraite (CAVPM) est vivement recommandé pour calibrer votre décision. Le bon choix aujourd'hui peut préserver plusieurs années de revenus d'activité sans amputation de votre pension.

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